Mikko Paakkola

en plein ciel

17/02/2012 - 14/04/2012

Avec la collaboration de

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En plein ciel

Mikko Paakkola peint avec la force de l’expressionisme et la sévérité du minimalisme. Son exposition en plein ciel met en scène le paysage qu’il résume à l’extrême. Celui-ci n’existe plus qu’entre le ciel, la terre et entre les deux la ligne de l’horizon.

L’horizon de l’infini et du temps éclaté dans une cosmogonie où les étoiles sont absentes. Au sein de cette énergie cosmique il nous entraîne vers la limite du monde physique. La matière de ses œuvres est laissée à l’état de cloques, on les entend s’entrechoquer, bulles de pigments éclatées en amont de la surface picturale, écorce rauque d’un chant ancestral dont le son aujourd’hui nous submerge d’une nappe nerveuse tel un riff de Keith Richards. Ce parallèle entre l’iris et le tympan nous impose non seulement une lecture mais une écoute de sa peinture.

Celle-ci est à la fois lourde comme un potager et légère comme un nuage.

Le bleu est l’essentiel d’un bleu, le rouge en est sa note ultime. Le propos est inflammable et le surgissement de la peinture exerce sur nous une impassibilité visuelle impossible. Au cœur de chaque œuvre il contraint le support de celle-ci à la scission matérielle de la verticalité et de l’horizontalité. Cette affirmation permanente nous questionne sur l’instant impensable de la cohérence, du jaillissement vertical de toutes les diffusions, au gisant enfoui sous le goudron noir de l’horizontalité.

Cependant, ces aspects ne doivent pas en masquer d’autres, plus sereins. La force catapultée de la peinture de Mikko Paakkola se décline aussi dans d’autres formats et convoque d’autres techniques telles le métal brûlé dont la mutation disparaît dans le tissu des formations minéralogiques ou le verre déposé à même la surface peinte provoquant par son imposition des ondes telluriques, écran d’une mise à distance. Mikko Paakkola nous rappelle que la peinture est toujours un objet physique dans un espace et qu’au plus fort de son magnétisme elle confère à notre corps, nos yeux, notre âme une attraction souveraine.

L’artiste nous propose un monde sans éclipse, une peinture de l’exaspération magnifique.

Jean-Marie Stroobants – janvier 2012.

ŒUVRES ET REVUE DE PRESSE

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Mikko Paakkola, né en Finlande, à Lappi Ti en 1961.
Vit et travaille à Turku.
Diplômé de l’Ecole des Beaux Arts de Turku (1981-1985) et de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux Arts à Paris (1988-1990). A vécu à Bruxelles de 1996 à 2006.
Il expose régulièrement en Finlande, Suède, Danemark, Pays-Bas, Espagne, Allemagne, Lituanie, France et en Belgique.
Collections :
Etat Finlandais, Etat Suédois.
Musée des Beaux Arts d’Helsinki, Musée des Beaux Arts de Pori, Musée des Beaux Arts de Rovaniemi, Musée des Beaux Arts de Turku, Musée Ars Nova de Turku, Musée Waïnö Aaltonen de Turku, Musée de Lönström de Rauma.
Les collections des villes de Naantali, Raisio, Rauma, Salo, Turku et Gothenburg.

Site de l’institut culturel finlandais : http://www.finncult.be/